Retour à Fatick, la ville de Macky Sall

A dix jours du premier tour de l’élection présidentielle, les habitants de Fatick s’apprêtent à accueillir le chef de l’Etat. Originaire de la ville, il jouit ici d’une forte popularité.

Entre les motos, les chèvres et les ânes, le centre ville de Fatick est très animé, en ce lundi midi de février. Sous une chaleur écrasante, les habitants se pressent autour du marché. Dans un bâtiment en béton, des dizaines de petites échoppes se succèdent. Maîtres tailleurs, bouchers, mécaniciens, tous les corps de métiers sont représentés. Dans la rue, sur les murs des maisons, des affiches de campagne de Macky Sall ont été placardées un peu partout.

Ici, dans la ville natale du président sortant, on se prépare à sa venue, le 16 février prochain. Hommes et femmes ont prévu de porter des boubous beiges et marrons, les couleurs de l’APR, le parti au pouvoir. « Nous sommes fiers du président Macky Sall », lance une couturière au milieu d’une conversation. Au marché, chaque commerçant loue son pas de porte 5.000 francs CFA par mois (soit environ 7,5 euros). Depuis 2012, année d’inauguration du marché et date de la dernière élection. « Avant nous avions des étals dans la rue, mais quand il pleuvait notre matériel n’était pas protégé », explique Amadou Touré, un tailleur autodidacte.

« Au robinet, on a de l’eau douce »

Dans cette ville de 11.000 habitants, beaucoup saluent les actions de Macky Sall. « Macky a fait de bonnes choses », s’exclame Momar Ndiaye, un éleveur venu passer la matinée au marché avant d’aller aux champs. « Depuis quelques jours, au robinet, on a de l’eau douce », illustre le quinquagénaire. De fait, l’Etat a construit une usine de traitement de l’eau pour la dessaliniser. Un projet qui a coûté près de 1,6 milliard francs CFA (2,4 millions d’euros environ). 

Les habitants soulignent également l’extension de l’hôpital devenu d’importance régionale: « Maintenant il y a des scanners, avant nous devions faire trois heures de route jusqu’à Dakar pour passer des examens complets », souligne le tailleur, en coupant du tissu pour confectionner une robe. 

Amadou Touré confectionne une robe devant son échoppe sur le marché de Fatick.
Crédit photo : Nina Gambin.

Sur le marché, on refuse de dire explicitement pour qui on votera le 24 février. Mais les éloges envers Macky Sall laissent transparaitre les opinions politiques. A l’heure du déjeuner, on entend une manifestation au loin. « C’est la caravane de Macky! »

Le vacarme se rapproche. On distingue au bout de la rue poussiéreuse des voitures décorées des portraits du Président. Vendeurs et clients passent la tête à l’extérieur pour voir passer le cortège. Certains suivent même l’enfilade de véhicules qui disparaissent peu à peu derrière des bâtiments. 

Vote pour l’enfant du pays

Direction l’église, sous 39°C. Aux abords d’un mini kiosque Orange Money, Augustin Sarr vend des cartes téléphoniques. Assis à l’ombre d’un arbre, il discute avec les passants, qui le saluent. Lui est étudiant en finance, à Fatick. Il travaille la journée pour payer sa chambre étudiante et suit des cours du soir. Lors de l’élection, il votera pour l’enfant du pays, Macky Sall : « je suis pour sa vision du Sénégal mais je dénonce certaines de ses actions, comme quand il emprisonne des adversaires politiques. »

Pour l’étudiant de 27 ans, tout n’est pas rose à Fatick. Notamment en ce qui concerne les études supérieures. « Je ne suis pas content parce qu’il y a beaucoup de grèves. Nous sommes restés trois mois sans cours en début d’année. » Handicapé depuis l’enfance, Augustin Sarr se déplace difficilement. Et touche désormais une bourse sociale. « Je perçois une indemnité de 25.000 francs CFA (près de 38 euros, NDLR) tous les trois mois« , précise-t-il.

Le père Simon, originaire de la région du Sine Saloum, proche de Fatick.
Crédit photo : Zina Desmazes

Derrière le marché, le clocher de la grande église surplombe le centre ville. A Fatick, 90% de la population est musulmane. Mais imams et prêtres se rencontrent régulièrement pour discuter des enjeux locaux. Le père Simon, prêtre ici depuis deux ans, organise des réunions pour sensibiliser la population à la tenue de l’élection. « Pour l’instant la période pré-électorale est paisible« , se réjouit-il.

L’homme d’église ne souhaite pas donner ses intentions de vote. Mais il souligne que « beaucoup de catholiques sont avec Macky, même s’il y en a aussi qui votent Sonko ou Idrissa Seck ». A l’image des habitants de Fatick, lui aussi place beaucoup d’espoir en leur président. « ll va faire quelque chose pour les infrastructures routières s’il est élu, il le doit à la population« , veut-il croire.

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