Macky Sall, président en campagne à Kaolack

Le président du Sénégal, candidat à sa réélection, s’est rendu mardi 12 février au soir dans la ville de Kaolack, dans sa région natale, pour un grand meeting électoral. A 10 jours du scrutin, il a prononcé un discours en wolof dans lequel il s’adressait au monde rural.

Macky Sall à son arrivée dans le stade de Kaolack. (Crédit photo : Joséphine Gruwé-Court)

Il est 21h30 quand Macky Sall, président du Sénégal, fait une entrée de rockstar dans le stade de Kaolack, ville de 400 000 habitants, située à 200 km à l’est de Dakar. Homme aux lunettes fines, vêtu d’une tenue traditionnelle dorée, il fend la foule sous les acclamations. A Kaolack, il est un peu chez lui : il a fait ses études au lycée de la ville. A 10 jours du premier tour de la présidentielle, le candidat à sa réélection est venu tenir un grand meeting de campagne, destiné à marquer les esprits.

Depuis près de quatre heures, les acteurs politiques locaux accompagnés d’artistes populaires défilaient sur la scène pour vanter les travaux du candidat. « Le Sénégal dormait, le président Macky Sall l’a réveillé« , s’exclame l’humoriste Samba Sine alias Kouthia, prisé des jeunes.

Dans le stade, des milliers de personnes patientent depuis le matin pour voir le président. Il était attendu à 18 heures. Alors, lorsque « Macky » arrive trois heures plus tard, la foule se presse aux barrières et le stade s’embrase. Ceux qui dormaient sur la pelouse, ou qui étaient partis se restaurer, se précipitent pour ne pas manquer une miette du discours.

Macky Sall, candidat à sa réélection, aborde le premier tour de la présidentielle en favori. Il fait face à quatre candidats : le nationaliste Ousmane Sonko (Pastef), le religieux Issa Sall (PUR) et les anciens de son partis désormais dans à l’opposition, Idrissa Seck (Rewmi) et Madické Niang (Madické2019). Tous sont passés par Kaolack. L’actuel président est le dernier à y venir pour prononcer un discours.

250 km d’autoroute construits

Face aux habitants de Kaolack, Macky Sall se présente en bâtisseur, qui veut désenclaver la ville: « Entre 2019 et 2024, j’entends redonner à Kaolack sa vocation de carrefour : une ville entre le Nord et le Sud du Sénégal, entre l’Est et l’Ouest« . L’homme de 57 ans promet un train reliant Dakar à Bamako, en passant par Kaolack. Celui qui se targue d’avoir doté le pays de 250 km d’autoroutes nouvelles parle de développement du transport maritime et de la construction d’un aéroport. Chaque annonce est ponctuée de vifs applaudissements, et de « merci » scandé en choeur. « C’est le meilleur président depuis 1960« , assène Sette Drame, 50 ans.

Des militants de Macky Sall encouragent le président sortant pendant le discours. (Crédit photo : Joséphine Gruwé-Court)

A Kaolack, il promet aussi d’achever la construction d’une université agricole et d’un campus. Il assure qu’elle sera « l’une des plus grandes universités du pays ». Les travaux ont démarré il y a cinq ans, mais ils ne sont toujours pas terminés…

Macky Sall a choisi cette capitale du sel et de l’arachide pour s’adresser au monde agricole, qu’il promet d’aider :« Si je ne peux pas aider les paysans, ils seront en difficulté », dit-il. Le président sortant en profite pour défendre son bilan économique : « J’ai redressé le pays. Lorsque je suis arrivé au pouvoir, le pays allait mal ».

Dans le cadre de son « Plan Sénégal Émergent« , le chef d’Etat promet d’encourager l’entrepreneuriat des femmes et l’accès à l’emploi pour les jeunes, il met en avant les bourses familiales, une allocation pour les plus pauvres. « L’aide aux démunis, si ce n’est pas du développement, c’est quoi alors ? » commente Moustapha, casquette vissée sur la tête et t-shirt à l’effigie du président.

Appel au calme

Dans un contexte particulièrement agité en raison de la mort d’un militant de la majorité, la veille, à Toumacounda, Macky Sall réitère aussi son appel au calme. Il redit sa sa volonté de voir punis ceux qui enfreignent la loi. « Une élection cela ne doit pas tourner à l’anarchie », dit-il. « Ceux qui ne respectent pas les règles de sécurité doivent être poursuivis en justice », ajoute-t-il, précisant que ces règles ne s’appliquent pas qu’à la campagne présidentielle.

« La justice, ce n’est pas moi », ajoute Macky Sall, en réponse à ceux qui l’accusent d’avoir enfermé ses opposants. Il réponds ainsi à l’ancien président Abdoulaye Wade qui avait invité les jeunes à empêcher la tenue du scrutin : « Je ne veux pas voir le pays être brûlé par les autres.
Je ne menace personne. Nous vivons dans un pays de solidarité, de tolérance et de paix« .

Le président se pose en garant de la démocratie. « Le peuple élit qui il veut ». Il dit sa volonté de s’assurer du bon déroulement des élections. « On a un fichier électoral neuf, à la demande des opposants. Et on peut le revoir si cela ne convient pas« , avance-t-il.

Et le président candidat se dit confiant dans sa réélection: « Celui qui regarde le Sénégal devrait se dire que le combat est fini. Le 24 février, les gens se lèveront tôt et mettront le bon bulletin dans l’urne. Au moins 70% des gens vont voter pour moi à Kaolack, j’ai déjà gagné.« 

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